Posted by on mars 3, 2018

Interview avec Jean-François Petiot, maître de conférence à l’IUT (Institut Universitaire Technologique) de Vannes en Bretagne Sud en France…

  • sur le DUT STID (Bac+2), http://stid-vannes.fr, signifiant Diplôme Universitaire Technologique en STastistique et Informatique Décisionnelle,
  • sur les possibilités d’étudier et/ou de faire un stage à l’étranger
  • sur les poursuites d’études en licence professionnelle :
    • Statistique décisionnelle en marketing
    • Statistique et informatique pour la santé
    • Conception des solutions décisionnelles (utilisant notamment le langage SAS)

Interview réalisée par Véronique Bourcier, xxformat.com, octobre 2016.

Script de l'interview avec Jean-François Petiot de l'IUT de Vannes sur le DUT STID

[Véronique Bourcier, xxformat.com] Bienvenue dans cette nouvelle vidéo de programmeur-pro.com
Aujourd’hui, je suis en Bretagne Sud et plus particulièrement à Vannes.
Je vais rencontrer Jean-François Petiot qui nous parle du DUT STID.

[Véronique Bourcier, xxformat.com] Bonjour Jean-François !

[Jean-François Petiot, stid-vannes.fr] Bonjour !

Pourrais-tu te présenter à l'audience ? [Véronique Bourcier, xxformat.com]

 [Jean-François Petiot, stid-vannes.fr] Oui.

Alors ! D’abord, je vais dire d’abord ce qu’est STID puisque tu as évoqué STID. Cela veut dire : STatistique et Informatique Décisionnelle

Donc, moi, je suis maître de conférence en statistique. Enfin, je viens juste d’arrêter. J’ai été là pendant 31 ans.
Et avant, j’étais assistant hôpital universitaire, au CHU. Donc, j’étais le statisticien d’un CHU à Caen pendant 7 ans.
Je suis arrivé ici en 1985. J’ai été recruté pour développer l’enseignement et les débouchés de ce département dans le domaine de la santé et du pharmaceutique.

Donc. Voilà ! Je suis maître de conférence en statistique.

[Véronique Bourcier, xxformat.com] Deuxième année, c’est ça ?

[Jean-François Petiot, stid-vannes.fr] Voilà ! J’enseignais en 2ème année et en licence professionnelle.

Puisque, en fait, le bac+2 ce n’est plus dans les standards de l’enseignement supérieur.

Et donc, on a créé dans les IUTs, pour arriver au niveau licence, des licences professionnelles.

Et donc, moi j’ai créé une licence, en revenant à mes premières amours, si on peut dire ; c’est Statistique et Informatique pour la Santé avec des débouchés orientés vers les hôpitaux, l’industrie pharmaceutique, l’épidémiologie,…

Pour revenir sur STID : quels sont les élèves qui rejoignent STID ? Quel bac font-ils ? [Véronique Bourcier, xxformat.com]

[Jean-François Petiot, stid-vannes.fr] Alors, les lycéens qui arrivent en STID ont soit un bac S, soit un bac ES en général avec l’option Maths.

Et il peut y avoir quand même quelques bacs technologiques.

Et, il y a aussi des gens qui n’ont pas eu le bac juste l’année d’avant et qui, en étant passés sur les bancs de l’université à se chercher un peu nous découvrent et en fait arrivent à accrocher à l’enseignement supérieur, alors qu’ils avaient eu un échec auparavant.

Comment se déroulent ces deux années à l’IUT ? [Véronique Bourcier, xxformat.com]

[Jean-François Petiot, stid-vannes.fr] Alors, depuis quelques années, tout l’enseignement universitaire français s’est semestrialisé ; c’est-à-dire qu’on ne parle plus de trimestre. On parle de semestre.

Et, donc, chaque semestre fait l’objet d’un jury de validation.

On peut échouer à un semestre et passer dans le semestre suivant.

Et il faut que le semestre suivant, après, a posteriori, permette de rattraper le précédent. Donc, dans ce cas là, on peut continuer vers le semestre… : après le semestre 2, le semestre 3, etc.

Cela évite des redoublements secs ; c’est-à-dire que quelqu’un peut…
Faire son semestre 1. Réussir son semestre 1.
Passer en semestre 2. Le semestre 2 n’est pas validé mais on passe quand même en semestre 3.
– Si le semestre 3 compense le semestre 2, on reste en semestre 3 ; c’est-à-dire qu’après on passe au 4 et on finit sa 2ème année.
– Soit le semestre 3 n’a pas compensé le semestre 2. Et à ce moment là, on retourne en semestre 2. Mais le semestre 2, c’est la deuxième partie de l’année. On est passé de la première partie de la 2ème année à la deuxième partie de la 1ère année. Ce qui fait qu’on ne retourne pas refaire le B.A.BA. du début de la première année.
D’accord.

Voilà ! Donc cela fonctionne comme cela maintenant.

Il y a toujours les stages ? [Véronique Bourcier, xxformat.com]

[Jean-François Petiot, stid-vannes.fr] Bien sûr ! Le stage, c’est obligatoire.

C’est dans les textes parce qu’en fait dans les IUTs cela fonctionne par spécialité.

Donc, là il y a la spécialité STatistique et Informatique Décisionnelle.

Donc, cette spécialité a un programme pédagogique national qui est contrôlé et validé par une commission pédagogique nationale au ministère dont j’ai d’ailleurs fait partie pendant une dizaine d’années.

Et donc, on a en théorie (je dis en théorie, j’expliquerai après pourquoi) on a tous le même programme. Localement, on a le droit de pousser un peu plus un thème d’enseignement qu’un autre. On peut donner un peu plus de poids. Mais c’est marginal malgré tout.

Et après, qu’est-ce qui fait la différence entre les différents départements ? Ça peut être une question que les gens se posent s’ils veulent s’inscrire en STID, parce que les départements STID, il y en a 12 en France. Donc, il y a un site, stid-france.fr, qui permet de voir toutes les formations qu’il y a en France.

Ce qui peut faire la différence après c’est : les réseaux de chacun de ces départements. Le tissu socio-économique qui les environne peut amener des variantes.

Par exemple, il y a un département STID à Grenoble. Grenoble, c’est la région Rhône-Alpes. C’est assez industriel. Donc, il va y avoir des emplois, des stages. Les enseignants vont avoir des relations avec l’industrie chimique, avec des industries beaucoup plus qu’à Vannes où c’est beaucoup plus tertiaire.

Donc, après, même si c’est le même programme, les enseignants ne sont pas les mêmes. Donc, chaque enseignant vient avec son histoire. Moi, je suis venu avec mon histoire d’hôpital universitaire. Et, donc, évidemment, j’avais un réseau dans le domaine de la santé. Selon les enseignants, selon leur histoire, leur réseau et bien cela crée aussi des différences entre les départements ce qui fait qu’il y a des départements qui sont bien connus dans certains secteurs d’activité en France.

  • Par exemple, à Vannes, on est très connu dans le domaine de la santé.
  • Mais, on est aussi assez bien connu dans le domaine du marketing. Cela correspond à une autre licence professionnelle qui s’appelle Statistique Décisionnelle en Marketing, qui est ici.
  • Et on est aussi très bien connu dans les applications avec le logiciel SAS®. Le département STID fête ses 45 ans en 2017. Ça a très certainement été le premier département STID à introduire SAS® dans ses enseignements dans les années 80. À l’époque, très peu de gens connaissaient SAS®. On a aussi une licence professionnelle qui est orientée sur les outils du décisionnel et notamment l’utilisation de SAS®.

Donc, ce sont des spécificités des départements. Je pense qu’une bonne façon de voir les spécificités des départements c’est de regarder les licences professionnelles qui ont été développées. Cela montre quels sont les créneaux les plus porteurs et les plus développés dans ces départements.

Une partie de vos étudiants partent à l’étranger. Peux-tu nous parler un peu des possibilités d’études avec l’Angleterre ? [Véronique Bourcier, xxformat.com]

[Jean-François Petiot, stid-vannes.fr] Oui.

Alors, en fait, cela a très bien marché avec l’Angleterre pendant une quinzaine d’années.

On avait monté une relation avec l’université, que tu as fréquenté, donc Sheffield Hallam University, qui était une ancienne Polytechnic School avant de se transformer en université Sheffield Hallam. Et, la difficulté avec ces universités anglaises, c’est que les frais d’inscription ont énormément augmenté. Avec le Brexit, peut-être que cela va être encore pire pour les français. Ça a bien marché pendant une quinzaine d’années. Mais, actuellement, en STID, à Vannes, on est orienté vers l’Écosse où on a des frais d’inscription à Edimbourg qui sont très modérés.

[Véronique Bourcier, xxformat.com] Et, le nom de l’université c’est…

[Jean-François Petiot, stid-vannes.fr] Heriot-Watt.

Vous avez combien d’étudiants cette année ? C’est un ou deux qui partent ? [Véronique Bourcier, xxformat.com]

[Jean-François Petiot, stid-vannes.fr] A Heriot-Watt… c’est de l’ordre de 4 ou 5 peut-être par an. C’est variable selon les… Il y a des dynamiques dans les promotions des étudiants. Il y a des années où il n’y a pas beaucoup de gens qui sont intéressés par l’étranger et puis il y des années où il y énormément de gens qui sont intéressés. On peut passer de 2 à 5 ou à 7. On a beaucoup de stages aussi au Canada.

Et du coup, les gens vont directement après l’IUT ou ils font d’abord une année de stage à l’étranger ? [Véronique Bourcier, xxformat.com]

[Jean-François Petiot, stid-vannes.fr] A Sheffield Hallam, ce qu’on avait mis en place c’était que : Sheffield avait un Bachelor en 4 ans dont 2 années d’études, 1 année sandwich en entreprise et 1 année d’études.

  • Donc, en fait, le partenariat qu’on avait c’était que les 2 premières années d’études de l’IUT étaient prises comme équivalent pour les deux premières années du Bachelor.
  • Ce qui fait que les étudiants, qui avaient un DUT, partaient à l’étranger pour faire un stage dans un pays anglophone et cette année là était comptée comme une année sandwich à l’université à Sheffield Hallam.
  • Et ensuite, ils allaient à Sheffield faire la 4ème année ; donc la final year (l’année finale donc). Ils avaient un Bachelor en 4 ans.

Mais voilà ça, pour le moment, avec les anglais, cela n’existe plus.

[Véronique Bourcier, xxformat.com] Oui, d’ailleurs, le diplôme, en l’occurrence, en statistique appliquée n’existe plus à Sheffield Hallam faute d’étudiants. Ils ont basculé cela en Computing and Statistics.

Une dernière question : quelle est la part de la programmation dans l’IUT ? Si les gens voudraient devenir programmeur en SAS®. [Véronique Bourcier, xxformat.com]

[Jean-François Petiot, stid-vannes.fr] Alors, en fait, si on regarde le programme pédagogique des IUTs, on peut dire que la statistique et l’informatique c’est à peu prêt au même niveau, au niveau des zones d’horaires.

Ce qui fait que c’est quand même un intérêt de ces formations STIDs. Cela fait des gens qui ont une double compétence. Donc, ce n’est pas un statisticien qui ne sait pas programmer une ligne. Et ce n’est pas le programmeur qui n’y connaît rien en stat. Donc ça c’est quand même très apprécié par les entreprises parce que même si ensuite on développe plus un côté que l’autre dans ses poursuites d’études ou dans son emploi, avoir la culture et avoir la connaissance de ce qui se passe de l’autre côté en informatique et en statistique, ça facilite le dialogue avec les collègues et cela facilite son propre travail.

Cette formation, elle garde quand même un caractère assez général dans le sens qu’il y a des enseignements en économie, en gestion, en connaissance de l’entreprise, en communication, en anglais, ce qui fait que derrière un DUT STID, puisque ce n’est plus qu’un diplôme intermédiaire, on peut même aller vers une école de commerce.

Donc, on se retrouve avec un background assez scientifique mais cela reste encore très ouvert. Et on a une variété de métiers au final, quand les étudiants ont terminé leurs études, qui vont de celui ou celle qui va diriger une antenne de la Croix Rouge® à celui qui est biostatisticien chez Sanofi® en passant par celui qui est contrôleur de gestion chez Airbus®.

Est-ce-que tu as encore quelque chose à partager avec les autres ? Un conseil à donner ? ou…? [Véronique Bourcier, xxformat.com]

[Jean-François Petiot, stid-vannes.fr] Je dirais que les IUTs, cela n’a jamais eu l’image d’une formation prestigieuse. Et… c’est dommage car il y a des gens qui ne regardent pas assez vers les IUTs. Et on recrute souvent des gens qui connaissent le système, qui ont eu des amis, des enfants, de la famille, etc. qui sont venus.

Et ce système a quand même la grande qualité d’avoir un très bon suivi des étudiants et d’être d’un haut niveau de qualité dans le sens que… on n’enseigne pas que des recettes de cuisine. On essaie d’avoir des enseignements suffisamment théoriques pour que les gens puissent continuer leurs études. Mais on essaie aussi d’être suffisamment pratique pour que les gens soient opérationnels tout de suite. Donc, je pense que c’est une particularité de nos départements dans les IUTs d’être capable de former les étudiants qui ont cette possibilité suffisamment théorique et pratique en même temps.
[Véronique Bourcier, programmeur-pro.com] Je te remercie beaucoup pour cette intervention.
Je vous dis à très bientôt pour une prochaine vidéo sur programmeur-pro.com

[Véronique Bourcier, xxformat.com] J’espère que cette vidéo vous a plu.
Je vous dis, sur ce, à très bientôt pour une prochaine vidéo.

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